La Fondation pour les droits des citoyens atteints d'obésité est profondément préoccupée par la décision récemment annoncée de la Commission européenne. Groupe qualité de l'INAMI en vertu de laquelle il existe désormais un moratoire de “trois mois minimum” entre le moment où une personne consulte son chirurgien bariatrique et le moment où elle peut subir une intervention chirurgicale en Belgique.
L'annonce est une surprise totale étant donné qu'il n'y a pas eu de consultation publique ni d'implication des citoyens dans la décision au niveau belge.
Nous craignons que cette décision n'ait pas été mûrement réfléchie et qu'elle risque de nuire et de retarder inutilement l'amélioration des résultats en matière de santé pour les personnes atteintes d'obésité en Belgique.
- L'obésité est classée comme une maladie par l'OMS (Organisation mondiale de la santé) depuis 1948 et, en Belgique, elle est considérée comme un état pathologique dans le cadre de la CIM 10 et donne lieu à un remboursement de base pour la chirurgie bariatrique.
- Actuellement, les meilleures pratiques en matière de traitement de l'obésité et de prise en charge à long terme prévoient que pour être considéré comme éligible à la la chirurgie bariatrique financée par l'État, les candidats doivent fournir une lettre de leur médecin traitant (normalement un médecin généraliste) indiquant qu'ils ont essayé divers traitements de complexité croissante, allant de la nutrition thérapeutique de premier niveau et de l'activité physique thérapeutique au traitement pharmacologique de niveau suivant (si disponible), puis, si le traitement ne répond pas à long terme, qu'ils peuvent être orientés vers la chirurgie bariatrique.
La décision INIZIV-INAMI érode les droits des citoyens atteints d'obésité en vertu de notre législation sur les droits des consommateurs et des patients (à partir de 2002).
- Tous les utilisateurs du système de santé ont le droit le droit de recevoir un traitement et la continuité des soins pour des conditions médicales officiellement diagnostiquées. Cette décision met un terme au traitement continu sans que les patients aient la possibilité de prendre une décision en connaissance de cause.
- Tous les utilisateurs du système de santé ont le droit le droit de connaître son état de santé et de prendre des décisions éclairées concernant les traitements. Au cours de la période d'attente de trois mois minimum imposée pour avancer dans le traitement, nous sommes très déçue de ne pas avoir vu d'initiative visant à garantir que les candidats à la chirurgie bariatrique puissent bénéficier d'une assistance psychologique remboursée, conseils nutritionnels préparatoires et activité physique afin que nous puissions nous orienter vers des résultats positifs à long terme de l'opération et, plus important encore, que nous comprenions vraiment à quel point cette opération et ce processus changent la vie.
- En vertu de la législation sur les droits des patients, les populations affectées ont le droit d'être impliquées dans le processus de prise de décision politique pour des actions qui nous concernent directement. Etant donné que 60% des personnes en Belgique vivent déjà avec une préobésité ou une obésité, nous trouvons choquant que nous ne soyons représentés dans aucun des groupes de travail de l'INAMI relatifs à l'obésité ou aux maladies chroniques.
Nous sommes stupéfaits et préoccupés par le fait que les preuves utilisées pour justifier cette décision sont basées sur consensus scientifique obsolète de 2009.
Enfin, nous sommes déçus qu'en prenant cette décision, l'INAMI n'ait pas pris en compte les réalités des pratiques discriminatoires actuelles en termes d'absence d'un cadre consolidé de prestation de services de santé pour les personnes souffrant d'obésité en Belgique. Nous ne saurions trop insister sur le fait que la chirurgie bariatrique ne doit pas être considérée comme la seule forme de traitement remboursé pour l'obésité. Il s'agit d'un dernier recours et ce n'est pas la bonne solution pour tout le monde. Cette décision aurait dû être prise dans le cadre d'une réflexion plus large sur la manière de mettre en œuvre nos droits de consommateurs en matière de prestation de services de santé et de garantir que tous les services nécessaires, y compris l'éducation pour tous, puissent être intégrés et remboursés.
PLUS D'INFORMATIONS
- Pacte Adiposite - Charte des citoyens pour les droits des personnes atteintes d'obésité (pa-ap.org)
- Bariatrie : indicateur pour un intervalle minimum entre la 1e intervention chirurgicale et la prise en charge - INAMI (fgov.be)
- Bariatrie : indicateur pour un intervalle minimum entre la 1re consultation d'un chirurgien bariatrique et l'opération - INAMI (fgov.be)

